Le 400 km dans la poche!

Publié le par Fred

Après le 300km, c'est un nouveau cap qui nous attendait, Laurent et moi-même, le 12 et 13 mai, avec le brevet de 400km. Une distance inédite et avouons-le, quelques interrogations sur mes capacités à tenir aussi longtemps sur un vélo.

Direction Mortagne au Perche...dans le Perche donc, pour tenter de réussir cette nouvelle étape. Ce brevet se réalise en totale autonomie, c'est à dire que nous devons faire tamponner notre carte de route auprès des commerçants ouverts, ou bien, pendant la nuit, poster une carte postale, attestant de notre passage dans les villes-contrôles.

 Le départ est donné à 15h, avec un petit peloton d'environ 50 unités. Pendant 20km, nous sommes sur le parcours du Paris-Brest-Paris, jusqu'à Longny. L'occasion de voir que les routes sont loin d'êtres plates, ça promet pour le mois d'Août! Après un premier contrôle à Senonches, nous continuons  la route jusqu'à Chateaudun (Km 112). Pendant tout ce temps, nous roulons au sein du premier groupe, constitué d'une vingtaine de cyclistes. Les routes étant plates, malgré un vent pas toujours favorables, nous avançons à une très bonne moyenne horaire, presque 32km/h!

Il faut dire que nos compagnons cyclistes sont des pros du Paris-Brest-Paris, avec voiture ouvreuse, et deux véhicules d'assistance dont un énorme 4X4 qui ferme la marche, gyrophares allumés. Certains diront que ce n'est pas vraiment dans l'esprit du PBP, mais nous profitons de ce groupe pour avancer rapidement. Après Châteaudun, direction Beaugency (km 154), où nous avons décidé de nous arrêter pour manger avant la nuit. C'est aussi le moment où nous laissons le groupe de tête continuer. Pour eux, pas de grosse pause de prévue, ils continueront sans s'arrêter jusqu'à la fin. Nous apprendrons ensuite qu'ils ont terminé leur brevet à 6h du matin soit en 15 heures!

Arrivé à Beaugency, petite ville touristique au bord de la Loire, nous dénichons un restaurant pour avaler un plat de pâtes et une mousse au chocolat (pas vraiment conseillée quand vous reprenez le vélo ensuite!). C'est surtout le moment où le jour cède la place à la nuit et où nous préparons tous nos équipements. Cet arrêt d'1 heure m'a aussi été salutaire d'un point de vue moral, car je commençai à douter sur mon envie de rouler pendant encore 250km à ce rythme. Après le repas, et la nuit tombante, nous repartons sur les petites routes de campagne qui doit nous mener jusqu'à Romorantin (km 203), puis Blois (km 254). Très vite, nous récupérons un cycliste isolé, puis un second. Nous roulerons ainsi à 4 pendant 90km. Pour ma 2è expérience de vélo dans la nuit, j'ai trouvé cela très agréable. Sur les longues lignes droites monotones, la nuit permet de se concentrer sur d'autres aspects qu'en diurne. Privé de nos repères visuels, on pédale aux sensations, essayant de deviner quand la route s'élève ou descend légèrement. Les bruits de la journée disparaissent aussi, et la nature semble dormir. On sent progressivement la chaleur du jour qui s'estompe même si nous n'avons pas eu froid.

 A Romorantin, c'est la chasse à la boîte aux lettres, pour envoyer nos fameuses cartes postales, Il est 23h15. Ensuite, nous filons, toujours à bon rythme, jusqu'à Blois, par une grosse route. Malgré une circulation plus intense, nous ne ressentons pas de danger en particulier, étant parfaitement visible avec nos éclairages et baudriers....J'imagine bien la tête des conducteurs en nous dépassant, qui doivent se demander ce que l'on peut bien faire là à une heure pareille....

Arrivé à Blois à 1h du matin, après 8h de vélo et 245km dans les jambes, nous faisons une grande pause dans un hôtel Première Classe puisque nous avons prévu de se doucher, dormir, et ne repartir qu'à 6h30. Il nous reste 160 km à faire, mais les délais sont larges puisque nous avons jusqu'à 18h pour arriver.

Après cette coupure qui nous a fait du bien, le réveil est difficile. Certes physiquement, les muscles sont endoloris, mais surtout, la pluie s'est invitée à la fête et le vent souffle bien! C'est donc sous un temps de chien que nous poursuivons notre brevet. Il doit d'ailleurs y avoir une corrélation entre la pluie et les régions que l'on traversent, sur nos brevets en tout cas, car la longue ligne droite entre Blois et Oucques (27km!) est d'une despérante tristesse. Après un nouveau pointage-carte postale à Oucques, direction Vendome (km 292) par une autre ligne droite(20km), toujours aussi monotone. Mais heureusement, la pluie a cessé et le vent devient carrément favorable. La moyenne est toujours supérieure à 31km/h. Après Vendome, le soleil revient même, mais la topographie change aussi. Retour aux côtes et réveil difficile pour les jambes. A Montoire sur Loire (km 311), lieu de l'avant-dernier contrôle, nous prenons un petit déjeuner bienvenu car le ventre crie famine. Il est 9h du matin, et il nous reste encore 100km.  Jusqu'à présent, le moral est bon et le rythme est bien régulier. Il va baisser quelque peu entre Montoire et la Ferté-Bernard (km 367), car la succession de toboggans finit de m'user. Je sens surtout que la lassitude me guette, et quand c'est ainsi, ma vitesse décroît dangereusement. Quelques kilomètres avant la Ferté-Bernard, nous doublons un petit groupe de cyclistes qui est aussi engagé sur le 400km (ce sera d'ailleurs les seuls cyclistes engagés sur le brevet que nous croiserons ce 2è jour, les autres étant arrivés bien avant). Mais eux, ne se sont pas arrêtés pour dormir! Malgré ma petite vitesse, je me rends compte qu'on pédale quand même bien plus fort que certains et cela me redonne un peu de force jusqu'au dernier arrêt. Après une ultime pause-déjeuner (car les barres et autres boissons énergétiques, ça lasse à force!) on repart pour boucler les 42 derniers kilomètres. Il est 12h30. Peu après, le ciel s'assombrit subitement et un énorme orage éclate sur nos têtes, le vent devient violent, les branches d'arbres volent sur la route et la foudre tombe même pas loin de nous, dans un champ. Aggripés à nos machines, cette mini-tempête à le don de nous faire accélérer même si j'ai un peu les "pétoches" après avoir vu la foudre tomber. Si jamais, elle doit tomber sur nous, je serai le premier atteint, vu ma taille!! Finalement, après 30 minutes d'essorage complet, la tempête se calme. Il reste 20km, et pas les plus simples, entre Bellème et Mortagne. Les fameux toboggans refont surface, et je n'en démords pas: c'est nettement plus rigolo à descendre qu'à escalader!

Enfin, à 14h10 nous en avons terminé avec ce brevet, (413km au final) en 14h30 de vélo à une belle moyenne de 28,5 km/h. Tout s'est bien passé pour nous, sans souci mécanique ni physique. Rouler la nuit a encore été une belle expérience. Maintenant, place au 600km , prévu début juin, avec une nouveau défi: rouler + de 400km la première journée, sans dormir. Pour l'instant, j'ai dû mal à croire que je puisse y arriver. Mais c'était déjà le cas avant le 300 et le 400km. D'ici-là, on va se reposer, rouler un peu, et se préparer pour cette ultime manche qualificative!!

A bientôt

Les photos, c'est par là!

http://telegraphroad.over-blog.net/album-362056.html

Frédéric

Publié dans Compte-rendus

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L
<br /> Bonjour! combien de calorie à peu près est nécéssaire pour cette distance? Avez-vous des trucs à me donner car je prévois cette été faire un 400 KM en une journée! Merci!!<br />
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F
Merci pour ton encouragement. Si cela peut susciter des vocations pour les prochaines éditions....tant mieux!
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M
Bonjour,Mais où allez-vous chercher vos ressources pour faire une telle distance ?Chapeau bas !Un grand merci pour ce reportage lu de bout en bout.Super !Cyclotement,MichelVCMP gpe 2
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